La construction écologique, ou bioclimatique, est avant tout une approche personnelle du « bien vivre » dans sa maison.
L’architecture bioclimatique recherche un équilibre entre la conception et la construction de l’habitat, son milieu (climat, environnement…) et les modes et rythmes de vie des habitants. Elle permet de réduire les besoins énergétiques, de maintenir des températures agréables, de contrôler l’humidité et de favoriser l’éclairage naturel.
Une démarche bioclimatique se développe sur trois axes :
- capter la chaleur,
- la transformer ou diffuser et,
- la conserver.
Trouver un équilibre entre ces trois exigences, sans en négliger aucune, c’est suivre une démarche bioclimatique cohérente.
Les constructions antérieures aux normes thermiques (K > 55) ayant rarement autant de possibilités en termes de performance énergétique, il est donc important que les nouvelles constructions soient largement en-deçà de ce facteur pour pouvoir prétendre au titre de bioclimatique (K < 45). La raréfaction des ressources énergétiques ne doit plus nous faire hésiter à remettre en question nos modes de construction, de rénovation et d’utilisation de nos lieux de vie.
Dans l’hémisphère nord, en été, le soleil se lève au nord-est et se couche au nord-ouest et est haut sur l’horizon à midi. Toutefois, si les surfaces vitrées sont importantes, l’énergie solaire entrante peut surchauffer la maison. C’est pourquoi il convient de protéger ces surfaces vitrées par des volets, des dépassants de toiture ou des protections solaires extérieures type pergola, dimensionnés de manière à minimiser le rayonnement solaire direct en été mais pas en hiver.
Les maisons bioclimatiques requièrent l’utilisation d’arbres à feuilles caduques comme ombrages pour l’été. Des plantes grimpantes pour éviter que le soleil direct ne touche les murs en été.
En résumé : une maison bioclimatique se caractérise par :
- des ouvertures de grandes dimensions au sud
- très peu d’ouvertures au nord
- peu d’ouvertures à l’est (soleil du matin)
- peu d’ouvertures à l’ouest (soleil du soir)
Sous nos climats tempérés, une maison bioclimatique conçue de manière optimale d’un point de vue thermique peut ne pas nécessiter de système de chauffage central. La plus grande part des apports d’énergie est alors d’origine solaire, le restant, considéré comme un appoint, est fourni par un système de chauffage additionnel. Selon les performances thermiques obtenues, la maison pourra être appelée maison basse-énergie.
Une fois captée et transformée, l’énergie solaire doit être conservée à l’intérieur de la maison le plus longtemps possible. C’est la raison pour laquelle il faut convenablement isoler les parois. Pour être efficace, cette isolation sera de préférence “répartie” (le mur est isolant dans toute son épaisseur) et/ou “extérieure” (l’isolant recouvre toute la maison par l’extérieur).
Le bois n’est pas un matériau très isolant à la base, il ne peut donc jamais être utilisé seul. Une construction bois doit au minimum comporter un véritable isolant + des véritables masses thermiques inertielles internes (sur ou dans les murs pourvu que leur surface soit suffisante). Par ailleurs, les pièces annexes seront idéalement placées au nord (façade fermée) et les pièces de vie côté sud (façade ouverte). Enfin, la végétation plantée autour de la maison a aussi un rôle à jouer : haie brise-vent, conifères au nord, feuillus au sud, …
D’autres concepts peuvent entrer en ligne de compte : Géobiologie, feng-shui… ou encore la protection électromagnétique de l’ensemble de l’habitat.
Toutes les habitations n’utiliseront pas forcément des matériaux sains pour leur construction, pourtant le “bio” de “bioclimatique” fait référence à l’environnement vivant de la maison, mais aussi à l’usage de matériaux de construction et de finitions dits « bio ».
Dans une véritable démarche écocitoyenne, la quantité d’énergie grise de la fabrication des matériaux devrait être mieux prise en compte !
En espérant vous aider à vous poser les bonnes questions.
Cordialement.
Bruno Vandecapelle – http://www.biovie.be/










Ok, merci Bruno !
Oui, ton truc avec les volets, même avec des tentures, ça fonctionne aussi.
Donc, rien de nouveau sous le soleil (si je “puits” dire), du bon sens, et une optimalisation de ce dont on dispose déjà…
A bientôt,
Françoise
Hello ! Ben, oui, à partir du sud de Lyon, d’un côté, de Poitiers, de l’autre et jusque Durban, c’est comme ça qu’on fait,
… Avec les tentures, c’est déjà trop tard, une partie des photons et de la chaleur solaire sont rentrés à travers les vitrages… il existe aussi des triples vitrages, même avec films solaires incorporés, mais là, on ne joue plus dans la même cour…. plus de 100 euros/m2 ! Et le triple vitrage à moins de pertes en hiver… mais aussi moins de gain… on en revient à une certaine inertie thermique… mais à quel prix !
http://www.economie-positive.be/portail_contenu.php3?id_article=677
http://www.actu-environnement.com/ae/news/performance_thermique_cstb_fenetre_3680.php4
Bonjour Françoise,
Si un architecte n’a pas une approche spécifique d’une maison bioclimatique, ou n’est pas désireux d’en apprendre, il faut laisser tomber. On a des fortes chaleurs, reconnues comme caniculaires par l’IRM depuis 2007… qu’on ne vienne pas me dire que c’est anecdotique ! Mon architecte de paternel avait déjà prévu la chose avec les matériaux de l’époque, en …1974 ! J’ai encore son opuscule traitant de la chose.
Mon architecte (Christine Gérard, à Marbaix-la-Tour) n’avait jamais pratiqué l’ossature bois, mais était inscrite au pool “Construire avec l’Energie”, et elle s’est investie à fond pour faire quelque chose de bien qui consomme par an, l’équivalent de 1800 L de mazout en pellets. Maintenant, il faut comparer ce qui est comparable. une maison avec des murs de pierre de 45 à 60 cm, n’a pas la même inertie thermique qu’une ossature, ou qu’une Ytong ! Et ce, quoiqu’on fasse avec l’épaisseur et la matériau d’isolation. c’est la CONCEPTION de l’habitation qui est primordiale. Les maison d’il y a 50, 100, voire 300 ans, n’avaient pas les mêmes contraintes que les actuelles…
Il faut savoir que pour éviter à la chaleur de rentrer dans la maison, il faut le faire AVANT qu’elle n’atteigne les fenêtres ou les murs… Quand j’ai construit ma pergola, avec les gîtes, on avait déjà perdu 2°C, avec les canisses en plus, on a perdu 4°C de chaleur… et comme elle est suffisamment haute, le soleil rasant d’hiver passe en dessous et réchauffe la maison ;o)
Lutter contre la chaleur à moindre coût ou dépense énergétique : installer des volets extérieurs, et les fermer / ouvrir avec le soleil… commencer par fermer ceux façade Est, et terminer par ceux façade Ouest, en n’oubliant pas de tout ouvrir après le coucher… pour bien ventiler…enfin, c’est comme ça que je faisais en Afrique australe !
Dans une maison comme la tienne, suivant budget et approche et possibilité de ce type de travaux, on pourrait imaginer coordonner une VMC double flux, avec le puits canadien, si bien réalisé. (le mien a un Delta T de 5°C été comme hiver)
Autre question ?
A bientôt !
Bruno
Ces nouvelles architectures sont formidables pour capter et économiser de l’énergie. On a fait beaucoup de progrès à ce niveau
Très intéressant…
Pour mon habitat, je recherche d’anciennes maisons. Plus intéressée de me prémunir de la chaleur que du froid, j’aime ces maisons aux murs épais, aux caves voûtées aux températures quasi constantes.
Désireuse de vivre avec mon temps, j’ai eu l’occasion de visiter plusieurs maisons témoins, construites avec des matériaux actuels, selon les normes dont tu parles. Je suis absolument séduite par leur caractère économique en terme de consommation d’énergie. Par contre, aucune n’est confortable lors de grandes chaleurs.
Les architectes interrogés répondent d’abord qu’il est rare de vivre ces fortes chaleurs chez nous, ou s’engagent dans des présentations de systèmes de conditionnement d’air, classiques, c’est-à-dire nocifs, ou plus récemment utilisés chez nous comme les puits canadiens.
En mai dernier, la maison visitée profitait de la fraîcheur du puits canadien installé, mais, franchement, c’était un leurre, il faisait encore horriblement chaud !
Les pare-soleil prévus pour les baies vitrées aux heures d’ensoleillement ne sont guère efficaces non plus.
Alors que dans mes caves cuisines et au rez-de-chaussée de ma vieille maison de coron, il faisait vraiment confortable vivre…
Peut-être as-tu connaissance de possibilités modernes de lutter contre ces chaleurs dans son habitat ?